10 questions à
Clara Le Fort

Journaliste, Auteur et Consultant / Numéro,
Les Echos Week-end Magazine,
Madame Figaro et Air France Madame

Racontez-nous votre parcours…

J’ai toujours voulu être journaliste, déjà petite, ma grand-mère apportait sa machine à écrire pendant les vacances et je passais mes après-midi à taper des articles, couper, coller et créer mes propres magazines. J’ai fait des études de droit à Bordeaux, durant lesquelles je pigeais et enchainais les stages. Après mon diplôme j’ai pris mon bâton de pèlerin et je suis allée frapper à la porte des rédactions.

Présentez-nous une journée type

Si je ne voyage pas, j’aime arriver tôt car travailler en open space c’est vraiment devenu difficile. Certains matins, cela m’arrive de remplacer la rédactrice en chef du service Tendances lors des conférences de rédaction, sinon je me mets tout de suite à mes emails (plus de 150 par jour à traiter, sans compter ceux qui ne me concernent pas), et depuis cette année je me force à le faire par session, et pas dès qu’ils arrivent afin de conserver ma concentration. Puis je m’attèle à la gestion de la rubrique, l’écriture des papiers, la recherche de sujets, etc. J’ai parfois également des rendez-vous vers 8h30/9h00 – de préférence – cela me permet d’enchaîner ensuite avec une journée de travail complète et productive.

Dans notre métier il n’y a aucun jour qui se ressemble !

Le meilleur souvenir de voyage de presse ?

Un des tous premiers. Je travaillais à l’Express Magazine et à l’époque nous faisions des sujets très anglés, de 5/6 pages. Il s’agissait d’un spécial tourisme et je suis partie en Namibie en voyage individuel avec un photographe (qui était très expérimenté ce qui était intimidant) ; Le sujet était la ruée vers le diamant fin 19° début 20° siècle dans le désert du Namib. C’est un pays incroyable, à couper le souffle. C’était mon premier grand reportage, un émerveillement de tous les instants. Je suis partie une semaine et demie et j’ai mis trois semaines à m’en remettre.

J’ai toujours eu peur de perdre cet émerveillement, heureusement ce n’est pas encore le cas, mais le jour où je commencerai à le perdre, cela veut dire qu’il faudra prendre du recul…

Un pays qui gagne à être connu ?

La Tunisie. Surtout en ce moment. Il faut aider ce pays, ne pas le laisser tomber, ne pas l’oublier. Sans quoi les terroristes auront tout gagné… On cantonne souvent la Tunisie à ses plages, mais c’est tellement plus que ça ! Il y a beaucoup de Tunisiens qui développement des initiatives intéressantes comme la culture des vignes dans certaines régions reculées, des lodges dans des endroits secrets, etc. Il y a des déserts, des canyons, le désert de sel, des chambres d’hôtes, le très beau musée des arts persans à Djerba.

Sinon je dirai le Montenegro et la Slovénie, peu touristiques, et qui offrent montagne et mer à peu de distance! Ou encore le Zimbabwe, pépite verdoyante de l’Afrique australe

Votre plus belle interview

Il n’y en a pas une en particulier. Les interviews les plus fortes sont, en fait, celles qui ne sont pas préparées, qui sont spontanées, comme les rencontres que je peux faire lors de voyages : les habitants d’un pays, des voyageurs au long court mais aussi des Français qui ont tout quitté et qui développent un projet dans un pays étranger au plus près des cultures et des personnes locales.

La personnalité qui vous inspire

En littérature John Irving qui développe mon imaginaire, et Jean-Christophe Rufin pour l’univers du voyage.

Je suis passionnée de cinéma qui m’inspire beaucoup. Des réalisateurs comme Stanley Kubrick, Sergio Leone et, plus récemment, Christopher Nolan, déclenchent chez moi une réflexion intellectuelle et de l’émotion.

Une anecdote sur vous, un talent caché ?

J’adore danser ! Depuis toujours. Trois heures par semaine lors de cours de chorégraphie type Britney Spears et Madonna, je m’éclate !

Quelle est votre formule préférée de voyage de presse ?

Tous les voyages sont différents. Il faut qu’il y ait au moins un angle qui ressorte. Souvent on est plusieurs journalistes, avec qui on est amis d’ailleurs, qui ont des supports concurrents ou différents et il faut que chacun y trouve son compte. 1 ou 2 lignes directrices mais aussi des moments de liberté, avec un programme pas trop chargé, faire moins mais mieux, et surtout, surtout, en petit groupe !

Un conseil à partager aux attachées de presse ?

Ne pas harceler les journalistes !! Cela ne fonctionne plus de faire des relances incessantes pour savoir si on a bien reçu le communiqué ! Dans le communiqué il faut surtout que l’objet soit très clair, car je classe les emails en fonction des sujets, pour être utilisés plus tard lorsque l’occasion se présente.

L’endroit où vous partez en vacances pour vous ressourcer ?

Bordeaux et le bassin d’Arcachon. Je suis née à Paris mais mes parents se sont expatriés dans cette région dans les années80 ; J’y ai fait mes études et j’adore y retourner pour me ressourcer.

Sinon Djerba (comme beaucoup de journalistes d’ailleurs), car il y a de belles plages, une mer émeraude, et il y fait toujours beau ! Je vais au Radisson Blu, qui propose vraiment très bon rapport qualité prix.